Les 6 et 7 février, la ville de Guatemala City a accueilli la réunion des membres, membres d’honneur et partenaires de la sous-région méso-américaine afin de planifier les actions à mener en 2026 en vue de contribuer à la réalisation des objectifs du plan stratégique 2024-2028 du Consortium APAC. Les participants ont analysé la situation actuelle des pays mésoaméricains ainsi que les possibilités d’actions en matière de plaidoyer, en lien avec le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, notamment en ce qui concerne la reconnaissance des territoires autochtones et traditionnels pour la réalisation de la cible 3
First published on 03/31/2026
Un article de la coordination sous-régionale mésoaméricaine et d’U Yich Lu´um.
L’Assemblée générale des membres et des membres d’honneur de la sous-région méso-américaine du Consortium APAC a été inaugurée par les paroles de bienvenue du conseil du réseau des APAC- territoires de vie d’Amérique latine (Red TICCA LA), de membres de la sous-région méso-américaine et de représentants du conseil mondial.

Après les mots de bienvenue, l’assemblée a débuté par une présentation des APAC- territoires de vie et du travail du Consortium aux échelles mondiale, régionale, nationale et locale ou territoriale, à la fois à titre de rappel et à l’intention des membres ayant récemment rejoint le réseau.
Conformément à l’ordre du jour, l’organisation U Yich Lu’um a ensuite présenté les actualisations relatives à son mandat de coordination. Les membres du conseil d’administration sous-régional ont également évoqué les activités dont ils ont assuré le suivi.
Ils ont ensuite présenté les actions et les processus menés par les membres dans les territoires de vie, en exposant la situation actuelle et les perspectives à l’horizon 2026 dans chaque pays.
Les représentants du Salvador ont ainsi décrit le contexte régional latino-américain avant d’aborder les politiques actuelles qui affectent les territoires de vie dans leur pays.
Deux présentations ont ensuite été réalisées par les collègues du Costa Rica : tout d’abord, celle du réseau des aires marines de pêche responsable et des territoires de vie marins, puis celle de l’initiative de Coopesolidar visant à soutenir les territoires de vie marins en Méso-Amérique, actuellement mise en œuvre au Panama, au Honduras, au Costa Rica et au Mexique.
Par ailleurs, le Panama a présenté le cas de l’île d’Escudo de Veraguas, qui est confrontée à un processus de criminalisation, en lien avec l’utilisation de l’île pour des activités de pêche artisanale. Cela vient aggraver la situation déjà précairedes communautés de pêcheurs du Peuple Gnöbe-Buglé. En réponse à ces menaces, une assemblée extraordinaire du congrès régional a été convoquée en novembre dernier, avec la participation de représentants de la FAO et de la coordination mésoaméricaine du Consortium APAC. L’initiative de soutien aux territoires de vie marins de Mésoamérique accompagne également ces communautés.
En ce qui concerne le Honduras, des représentants de l’Institut pour un avenir amérindien commun (IFCA) ont présenté la situation de la région de Moskitia, à la frontière avec le Nicaragua. À l’heure actuelle, certains territoires sont déjà reconnus et d’autres sont en phase de s’identifier et se reconnaître en tant que territoires de vie, dans une région qui compte environ un million et demi d’hectares enregistrés. Au niveau de la zone marine et côtière, les communautés autochtones pratiquent la pêche sur les cayes et les bancs marins sur des durées de plusieurs jours. Elles ont également décrit comment l’influence du commerce illégal et des réseaux internationaux sur le territoire, ainsi que la présence d’intérêts pétroliers, font obstacle à la reconnaissance juridique des territoires maritimes autochtones.
Il a été jugé prioritaire de renforcer les liens entre le territoire continental et le territoire maritime, de consolider la gouvernance autochtone et d’utiliser l’approche des « territoires de vie » comme outil politique et juridique.

En tant que pays hôte, le Guatemala a pu inviter des communautés qui ne font pas encore partie du réseau APAC en tant que tel, mais qui se considèrent d’ores et déjà comme des territoires de vie. Il s’agit notamment des coopératives Manos Unidas, Nuevo Horizonte del Petén et Santa María Ixtahuacán del Occidente. En collaboration avec ces communautés, l’organisation hôte Oxlajuj Ajpop a présenté le travail du réseau APAC du Guatemala.
Nous nous sommes remémorés que la première réunion mésoaméricaine s’était tenue à Totonicapán. À l’heure actuelle, l’objectif est de renforcer l’action territoriale dans l’ouest du pays, en particulier à San Marcos. Les intervenants ont également partagé des informations au sujet de la réorganisation du réseau et la proposition de le rebaptiser « Conseil des territoires et des terres communales » dans un souci de plus grande clarté politique par rapport au contexte national.

Ce fut finalement au tour du Mexique de présenter son travail. Les représentants ont souligné qu’il n’existe pas de réseau national au Mexique, bien que certaines actions conjointes aient été menées dans la péninsule du Yucatán avec les organisations membres Kanan Derechos Humanos et U Yich Lu’um, ainsi qu’avec des membres d’honneur. Cela a également été le cas dans l’ouest du pays avec Nuiwari et d’autres membres, parmi lesquels le Réseau du patrimoine bioculturel et l’Ejido San Crisanto. Les territoires de vie et les membres de Jazmín del Coquito, Bocas de Camichín et San Crisanto ont présenté leurs expériences de renforcement autonome.


Nous avons ensuite abordé un autre sujet clé qui a suscité une forte participation : le cadre mondial pour la biodiversité de Kunming-Montréal, et plus particulièrement la cible n° 3 et sa mise en œuvre par les états, ainsi que les contributions des Peuples Autochtones et des Communautés Locales.
Guidée par Felipe Gómez, une cérémonie autour du feu sacré a marqué le début de la seconde journée. Au cours de cette cérémonie, nous avons dit combien il est crucial de préserver notre unité face aux menaces mondiales et aux menaces qui pèsent directement sur les territoires de vie.

Conformément à l’ordre du jour, nous avons également abordé les questions relatives à la planification ainsi que les propositions concernant la gouvernance sous-régionale.
Fruit des travaux menés par le conseil et le secrétariat en octobre dernier, le plan régional pour l’Amérique latine a été présenté ; il s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2024-2028 du Consortium à l’échelle mondiale. Bien que l’idée initiale était de réactiver les groupes de travail proposés lors de la IIIe Assemblée du Réseau APAC d’Amérique latine tenue en 2023 à Tárcoles, au Costa Rica, cela n’a pas pu se concrétiser pour l’instant.
En termes de gouvernance sous-régionale, on a assisté à l’acceptation de la proposition de création d’un conseil composé de deux représentants par pays, avec un titulaire et un suppléant chargés d’accompagner et de diriger les travaux du secrétariat sous-régional.


