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June Rubis

Représentation thématique pour la documentation des territoires de vie

Membre du peuple Bidayuh, June Rubis est docteure en géographie et environnement, biologiste de la conservation et stratège en gouvernance autochtone. Elle est originaire du Sarawak, une région située dans la partie malaisienne de Bornéo, et travaille sur la gouvernance territoriale autochtone, les politiques de biodiversité et la recherche décoloniale, en s’appuyant sur sa longue expérience de terrain dans le domaine de la conservation, ainsi que sur son engagement durable auprès des communautés autochtones de Malaisie.

Au début de sa carrière, elle a mené des recherches de terrain pendant plus d’une décennie en tant que biologiste de la conservation au sujet de la faune sauvage de Bornéo et de Malaisie péninsulaire, notamment via des études sur les primates et les grands mammifères. Ses premiers travaux sont venus contribuer aux recherches portant sur la conservation à long terme, tout en lui permettant de se positionner à l’intersection entre science de la conservation, territoires autochtones et paysages faisant l’objet de conflits liés à l’utilisation des terres.

Parallèlement à son travail de terrain dans le milieu de la conservation, June Rubis était activement impliquée dans la mobilisation environnementale et citoyenne en tant que membre de la Malaysian Nature Society (MNS), dans la section de Kuching. Elle a notamment participé à des projets liés à la nature périurbaine, à la sensibilisation du public en matière de protection de l’environnement et à la protection environnementale au quotidien. Ce travail s’est avéré complémentaire de ses recherches de terrain, tout en ramenant la conservation dans des paysages sociaux urbains et périurbains.

Après avoir quitté son poste à plein temps dans la conservation sur le terrain, elle s’est engagée plus directement dans la défense des droits fonciers autochtones dans le Sarawak, en travaillant aux côtés d’activistes et de leaders communautaires pour soutenir les communautés touchées par des projets de développement à grande échelle, notamment les méga-barrages. Au cours de cette période, elle s’est concentrée sur la documentation, la communication avec les médias et la mobilisation, ce qui lui a permis de contribuer à faire le pont entre ces luttes locales et les débats nationaux plus généraux. Elle s’est également impliquée dans la mobilisation démocratique populaire lors du mouvement Bersih en Malaisie et a participé à l’organisation du premier rassemblement Bersih à Sabah, tout en s’engageant auprès de la jeunesse urbaine en faveur de la démocratie participative.

June Rubis est titulaire d’un master (avec mention) et d’un doctorat en géographie et environnement de l’université d’Oxford. Dans le cadre de ses recherches doctorales, elle a construit une approche autochtone et décoloniale de la conservation, qui étudie la manière dont les souverainetés, la mémoire et l’éthique relationnelle des Peuples Autochtones remettent en question les cadres dominants en matière de conservation et de gouvernance.

Actuellement chercheuse à l’université australienne de Macquarie, elle dirige le projet de recherche Decolonial Cartographies, qui se penche sur les implications politiques de la cartographie mondiale de la biodiversité, des infrastructures de données et du financement de la conservation pour les territoires et autorités de gouvernance autochtones.

À l’interface entre science et politique internationales, June Rubis figure parmi les principaux auteurs du deuxième rapport d’évaluation mondial de l’IPBES et contribue aux évaluations internationales qui façonnent les politiques mondiales en matière de biodiversité. Elle est chercheuse autochtone associée de l’Arizona State University sur l’avenir des Peuples Autochtones dans le monde (depuis 2025) et siège au comité de rédaction de la revue Progress in Environmental Geography. Elle a également travaillé comme consultante auprès des Nations unies et participé à différentes négociations sur la biodiversité, ainsi qu’à des processus de gouvernance autochtone.

Ses travaux universitaires nourrissent différents cadres conceptuels, notamment la contre-mémoire, qui s’intéresse aux narrations autochtones et à la mémoire incarnée comme formes d’autorité politique ; et la conservation décoloniale, qui replace les souverainetés autochtones au cœur de la gouvernance environnementale. Ses travaux ont été publiés dans différentes revues scientifiques internationales, notamment des revues portant sur la géographie, la conservation, la durabilité et les études culturelles.

June est également cofondatrice de Building Initiatives in Indigenous Heritage (BIIH), une fondation Bidayuh basée dans le Sarawak qui soutient la revitalisation des rituels et la gouvernance par la parenté en tant que systèmes vivants d’autorité autochtone et de protection de l’environnement.

Depuis 2020, elle siège au conseil du Consortium APAC, d’abord lors d’un premier mandat en tant que co-présidente mondiale pour la documentation des territoires de vie, puis comme représentante régionale pour l’Asie du Sud-Est pour la documentation des territoires de vie.

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