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En 2022, la première Assemblée régionale africaine des APAC-territoires de vie a réuni des représentants de près de la moitié du continent

La photo de famille traditionnelle des participants de la première Assemblée régionale des APAC-territoires de vie d’Afrique. Photo : courtoisie de Christian Chatelain

L'assemblée s'est tenue les 14 et 15 juillet 2022 à Kigali, au Rwanda

La première Assemblée régionale africaine des Membres, Membres d’Honneur, Coordonnateurs et Points focaux engagés pour la promotion et la défense des APAC-territoires de vie d’Afrique s’est tenue les 14 et 15 juillet 2022 à Kigali, en terre rwandaise, en marge et en préparation du premier Congrès des Aires Protégées et Conservées d’Afrique organisé par l’UICN. Une cinquantaine de participants originaires de près de la moitié des pays d’Afrique se sont réunis pour un partage d’expérience sur les APAC-territoires de vie d’Afrique.

Cette importante rencontre a permis de se réunir, d’apprendre les uns des autres et de construire ensemble, pour la défense des Peuples Autochtones et des communautés locales, de la conservation communautaire et de la diversité bioculturelle. L’Assemblée a également été l’occasion pour les APAC-territoires de vie d’Afrique de faire le point sur leurs combats et de formuler deux propositions d’envergure : la Déclaration de Kigali d’une part, et un dispositif visant à structurer l’organisation régionale des APAC d’Afrique et assurer leur représentation d’autre part.

Séance d’ouverture et organisation des travaux

L’Assemblée a débuté avec les mots de bienvenue des membres choisis du Présidium et un historique du mouvement APAC-territoires de vie et son évolution, en particulier en Afrique.

Ensuite, les participants de chaque sous-région ont présenté leurs écosystèmes, leurs territoires de vie et les liens qu’ils entretiennent avec eux. Ils ont évoqué leurs combats pour protéger ces territoires de vie et les efforts qu’ils font pour que les états reconnaissent leurs communautés en tant que gardiennes de ces espaces et de leurs valeurs naturelles et culturelles. Ils ont également présenté les réseaux déjà mis en place ou ceux qu’ils aimeraient créer. Ces brefs états des lieux ont permis aux APAC et à leurs réseaux de se connaître, et de connaître les expériences similaires ou différentes des leurs, en plus de donner un aperçu de la diversité des situations, des problèmes, des solutions, et des mobilisations en cours. Cet échange a également suscité des propositions de collaborations entre communautés et entre pays.

Plus tard, les participants se sont penchés de façon collective, grâce à des travaux de groupes, sur les valeurs des APAC-territoires de vie, les menaces extérieures ou intérieures, les engagements qu’il convient de prendre et les appuis qu’il serait utile d’obtenir. À l’issue de ces réflexions, deux points principaux se sont dégagés, à savoir (i) la Déclaration de Kigali et (ii) un dispositif de structuration et de représentation qui visaient la définition d’une part d’une structure régionale et d’autre part d’un système de représentation pour les APAC d’Afrique.

La Déclaration de Kigali

La Déclaration de Kigali résume de façon concise, précise et pertinente les délibérations des participants. Elle se veut être une lettre de plaidoyer pour les APAC-territoires de vie de toute l’Afrique. Cette déclaration est désormais l’outil et le guide de référence pour des centaines de communautés qui voudront suivre le mouvement des APAC-territoires de vie en Afrique. L’importance des ancêtres, les biens et services fournis par la nature, la solidarité communautaire, la paix et la vie figurent parmi les très nombreuses valeurs listées dans la Déclaration. Forte de ces valeurs, la Déclaration évoque les défis et menaces auxquels font face les APAC, à savoir le manque de prise en compte des APAC-territoires de vie dans les législations nationales, les différentes formes d’exploitation, l’accaparement des terres et le modernisme en général, sans oublier le terrorisme qui progresse à vive allure au Sahel.

Dispositif de structuration et de représentation

Les participants ont longuement discuté de la structuration du mouvement APAC-territoires de vie en Afrique et de la représentation de l’Afrique au sein du conseil mondial du Consortium APAC.

De ces conversations, il est ressorti la proposition suivante :

  • D’une part, une structuration ou représentation qui comprendra 5 niveaux possibles (local, intermédiaire, national, sous-régional, régional)
  • D’autre part, un dispositif en 6 sous-régions avec 6 coordinations et 5 représentants au Conseil mondial[1].

Une carte des 6 sous-régions africaines, une liste des pays par sous-région et un tableau de répartition des Coordinations et Représentations ont été dressés, en incluant les noms des titulaires. Le dispositif sera présenté au Consortium mondial pour appréciation et, le cas échéant, proposé à l’Assemblée générale du Consortium mondial de 2023 pour approbation.

Il faut également noter que des discussions ont été menées avec deux organisations, Natural Justice et RAMPAO[2], qui montrent toutes deux un fort intérêt à soutenir concrètement et sur le moyen terme la structuration du Consortium Afrique. Natural Justice a proposé d’offrir un bureau et le RAMPAO la prise en charge d’une personne dédiée. Devant cet élan de générosité, les Coordonnateurs ont émis le vœu d’avoir un secrétaire permanent pour l’Afrique, basé à Dakar et à Nairobi pour permettre une alternance et un équilibre dans l’appui aux francophones et aux anglophones. Chaque sous-région aura la responsabilité et la charge d’un ou plusieurs secrétaires adjoints thématiques, en fonction des besoins des sous-régions.

Les réflexions ont continué même après l’Assemblée. Ici, des participants en pleine réunion sur la structuration et la représentation avant leur départ. Photo : courtoisie de Christian Chatelain

Conclusions de l’Assemblée et séance de clôture

Au terme de l’Assemblée régionale, la Déclaration de Kigali a été lue en français et en anglais. Elle a ensuite été validée à l’unanimité par les participants. Le dispositif de structuration et de représentation a, quant à lui, fait l’objet de réunions ultérieures (en marge des sessions du Congrès) pour parvenir à une proposition plus complète, cohérente et surtout pleinement concertée entre les participants. Cette première Assemblée régionale, aux dires des participants, a été une grande réussite eu égard à la qualité des délibérations et des bonnes dispositions des participants. Elle a rempli d’énergie et d’espoir tous les participants pour affronter et relever les multiples défis qui se présentent aux APAC-territoires de vie d’Afrique.

L’assemblée remercie les deux partenaires qui l’ont soutenu financièrement : le Programme de microfinancements du Fonds pour l’environnement mondial (PMF-FEM) et la Fondation Oak.


[1] A l’heure de l’écriture de cet article, et sur proposition même du Conseil mondial du Consortium, 6 représentants seront proposés pour validation à l’Assemblée Générale 2023 du Consortium international.

[2] RAMPAO : Réseau des aires marines protégées d’Afrique de l’Ouest