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Émergence de l’Observatoire africain des territoires de vie : retour sur l’atelier de Kribi

Des représentants africains du Consortium APAC se réunissent au Cameroun avec un ensemble de parties prenantes pour faire avancer le processus de création de l’Observatoire africain des territoires de vie

First published on 09/01/2026

Par le Consortium APAC


Les 21 et 22 mai 2026, Kribi, au Cameroun, a été le théâtre d’un tournant majeur pour le mouvement des APAC – territoires de vie en Afrique. Un atelier réunissant les coordinations régionales africaines du Consortium, des membres du conseil, des points focaux nationaux ainsi que des représentants de bailleurs et de partenaires institutionnels, a jeté les bases de l’Observatoire africain des territoires de vie : un dispositif panafricain de veille, de plaidoyer et de transfert de compétences piloté par le Groupe Collégial Afrique, avec le soutien du secrétariat international du Consortium APAC.

Pour répondre au manque de visibilité persistant des territoires de vie africains et au déficit de données solides, l’Observatoire entend devenir un centre d’excellence régional chargé de suivre, cartographier et défendre la reconnaissance juridique de ces territoires, en cohérence avec la Cible 3 du Cadre mondial pour la biodiversité. Sa méthodologie reposera sur le consentement libre, informé et préalable (CLIP), la souveraineté des données, ainsi qu’une articulation forte entre savoirs scientifiques et savoirs traditionnels.

La première journée a permis de confronter cette vision à l’expérience de l’Observatoire des forêts d’Afrique centrale (OFAC), dont le modèle technique (organisation, systèmes d’identification, mécanismes de collecte) a nourri une réflexion comparative approfondie. Les participants ont cependant souligné un point crucial : à la différence des aires protégées classiques, les APAC ne résultent pas d’une construction institutionnelle, mais préexistent à toute intervention extérieure, ce qui exige une approche fondamentalement différente.

La session « miroir » a ensuite donné la parole aux cinq coordinations régionales (Afrique de l’Est, de l’Ouest, Centrale, du Nord, ainsi que Madagascar et les îles de l’Océan Indien), chacune exposant ses priorités : appropriation des données par les communautés, enjeux fonciers et sécuritaires, valorisation des savoirs traditionnels ou encore accessibilité des outils techniques.

Deux groupes de travail ont ensuite concrétisé ces orientations. Le premier a défini l’architecture institutionnelle, notamment l’ancrage sur la gouvernance existante du Consortium (assemblée générale, Groupe Collégial Afrique, points focaux nationaux), la circulation ascendante de l’information et la validation par les pairs, en opposition à une classification trop rigide. Le second groupe a élaboré l’ingénierie technique ainsi qu’une boîte à outils normalisée (fiches de collecte, protocole CLIP, base de données sécurisée) structurée autour de quatre thématiques : auto-identification, gouvernance, valeurs culturelles et suivi environnemental.

La deuxième journée a débouché sur une feuille de route en dix-sept étapes, incluant la mise en place d’un secrétariat technique africain, la formation des pairs et des communautés, la création d’une commission de validation et l’instauration d’un système de codification sécurisé des données. Le groupe dédié au financement a, quant à lui, identifié huit catégories de ressources nécessaires, de l’infrastructure numérique à l’inclusion linguistique, et défini une stratégie articulant autofinancement initial des organisations membres, mobilisation des partenaires déjà engagés (GIZ, TNC, RRI, GEF, UICN, WWF, REPALEAC,…) et diversification vers de nouveaux bailleurs, notamment le PMF/SGP du PNUD.

L’atelier s’est achevé sur un mot d’ordre clair : l’Observatoire doit rester un organe technique au service de la visibilité des APAC, et non devenir une structure supplémentaire complexifiant le paysage institutionnel. Les prochaines étapes consisteront à élaborer un plan d’action global et des déclinaisons sous-régionales, appuyées par une stratégie de financement robuste et adaptée aux réalités de chaque territoire.

Cet atelier marque ainsi une étape décisive vers un dispositif pensé par et pour les gardiens de la terre en Afrique, au service de la reconnaissance et de la préservation durable des territoires de vie du continent.