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Elaboration de plans d’action nationaux pour les APAC en Afrique de l’ouest

First published on 05/26/2017, and last updated on 07/21/2017

L’association casamançaise KABEKA (‘Se concerter pour se prémunir’), avec l’appui du PMF-FEM de Dakar et du Consortium APAC ont organisé à Saint Louis du Sénégal, pendant cinq jours, du 16 au 21 Octobre 2016  un atelier d’information, d’échange, d’analyse et de planification initiale sur les Aires du Patrimoine Autochtone et Communautaire (APAC) en présence de personnes ressources diverses de 5 pays (Sénégal, Bénin, Guinée, Guinée Bissau et Maroc).

L’atelier, qui avait pour thème « Partage de connaissances et renforcement de capacités sur les APAC », s’est déroulé dans le cadre du programme GSI (Initiative d’appui mondial aux APAC). L’objectif principal de cette initiative est de favoriser la reconnaissance appropriée et le soutien aux APAC et la promotion de leur efficacité par l’intermédiaire du renforcement de capacités dans au moins 26 pays pilotes, dont le Sénégal, le Maroc et le Bénin. Il avait pour objectifs le partage des expériences et des connaissances, l’apprentissage du concept, menaces et opportunités des APAC, l’analyse des réponses à ces menaces et le renforcement des capacités de tous les participants. Ceux-ci étaient des représentants des peuples autochtones et des communautés locales qui gouvernent et gèrent leurs APAC, des représentants des agences gouvernementales concernées et des organisations de la société civile, ainsi que les coordinateurs nationaux du PMF-FEM.

Le contenu de l’atelier était dense avec, le premier jour, dénommé « Situation des APAC en Afrique de l’Ouest », la présentation des expériences des 5 pays en matière de conservation communautaire ; le deuxième jour, intitulé « Concepts & analyses », la présentation des concepts et bases des APAC suivie de travaux de groupes qui ont permis d’élaborer des « cartes parlantes » et une ébauche de stratégie pour chacun des pays représentés ; le troisième jour a permis de faire deux visites de terrain et apprendre de deux exemples d’APAC locales (Réserve du Ndiael- village de Ngnith et Parc national du Djoudj- APAC de Djoudj) ; le quatrième jour a été le jour de « Planning & appuis mutuels » avec des travaux de groupe pour l’élaboration de Plans d’actions par chacune des équipes pour la promotion de la reconnaissance et l’appui aux APAC dans leur pays respectifs ; le cinquième et dernier jour de l’atelier, intitulé « Futur de l’apprentissage des APAC » a permis de discuter et améliorer les plans d’actions en plénière.

Outre de nombreuses leçons apprises par chacun des pays sur leurs potentialités en matière d’APAC, et particulièrement sur la présence de coutumes, règles et institutions traditionnelles encore bien vivantes, les résultats principaux de l’atelier sont condensés dans la planification faite par chaque pays :

La Guinée a comme objectifs le renforcement des structures coutumières, le suivi écologique des ressources naturelles et la promotion des biens et des services générés par les APAC et leurs zones connexes. Elle envisage de réaliser un inventaire national des APAC, évaluer le potentiel en APAC transfrontalières, capitaliser et conforter les bases des connaissances sur les APAC, promouvoir le développement du réseau sectoriel des APAC et élaborer une stratégie sectorielle APAC assortie de plans d’actions/budgets pour le financement de leur reconnaissance légale, de leur gestion et de leur gouvernance.

La Guinée Bissau souhaite promouvoir trois initiatives qui sont de faire connaitre les Lois parmi les communautés et les parties prenantes ; organiser un atelier national sur les APAC et identifier les APAC potentielles à appuyer par le PMF-FEM en réseau. Elle envisage de procéder à l’identification et la promotion des APAC dans le pays, à la création d’une base de données nationale sur les APAC, à la création d’un réseau national des APAC, à l’appui aux APAC potentielles par le PMF-FEM, à la diffusion des activités menées par les APAC, à la reconnaissance formelle des droits des communautés et du système de gestion traditionnelle, et à la reconnaissance internationale des APAC de Guinée et de leurs valeurs.

Le Bénin propose également trois initiatives stratégiques qui sont de développer un centre national de ressources sur les APAC, mettre en place le consortium national APAC du Bénin et généraliser la mise en œuvre du programme « graines du futur » pour faciliter la transmission des connaissances intergénérationnelles et garantir la protection durable des APAC. Le Bénin envisage de faire adhérer les acteurs clés à la cause des APAC, améliorer les connaissances et la conscience des acteurs clés, promouvoir la reconnaissance des APACs par l’analyse du cadre légal et le plaidoyer pour sa relecture, confirmer les sites APAC potentiels, initier un réseau national d’APAC, outiller les communautés pour conserver et défendre leurs APAC et créer une synergie d’action entre les pays en favorisant la création d’un réseau régional via des visites d’échanges d’expériences entre pays.

Le Maroc se fixe 4 objectifs stratégiques qui sont d’améliorer l’état des connaissances des APAC au niveau national, accompagner les efforts de conservation des APAC identifiées, intégrer la question des APAC dans les stratégies régionales, et mettre en place un cadre national favorable à la reconnaissance des APAC. Il prévoit pour cela d’améliorer l’état des connaissance des APAC, accompagner les efforts de conservation des APAC identifiées par le soutien de 4 à 10 APAC emblématiques, intégrer la question des APAC dans les stratégies régionales et mettre en place un cadre national favorable à la reconnaissance des APAC.

Le Sénégal vise trois objectifs stratégiques qui sont d’améliorer la situation des APAC actuelles au niveau national, mettre en place un système de communication et de gestion des connaissances sur les APAC et chercher à influencer les politiques en faveur des APAC. Il envisage pour cela l’identification d’APAC existantes et potentielles, le renforcement des capacités des APAC au niveau national, la mise en place d’un réseau national fonctionnel des APAC, l’organisation de consultations régionales et nationales et des échanges d’expériences avec d’autres APAC de la sous-région, le développement d’une base de données sur les APAC, l’inscription des APAC dans le registre mondial www.iccaregistry.org et la diffusion d’informations sur les APAC aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale. Il prévoit également l’analyse du cadre juridique et des politiques pouvant influer sur les APAC, la sensibilisation des décideurs et acteurs étatiques de l’environnement sur le rôle des APAC dans la conservation et la garantie de la prise en compte des APAC dans la typologie des aires protégées, des textes de loi et des documents de politique au niveau national.

Pour plus de détails régionaux et nationaux sur les résultats de cet atelier, veuillez consulter son compte rendu complet ou contacter Christian Chatelain  et Salatou Sambou

Une des choses les plus importantes était l’idée de trouver une solution « ensemble » et c’est bien pour cela que les premières réunions ont rassemblé tous les membres de la communauté, depuis les imams jusqu’aux maraîchers<span class="su-quote-cite">Salatou Sambou, 2010</span>